La Célébrité chez les Faëes

                                                                   











La Befana

"Autrefois, la Befana s'amenait à cheval sur son balai et le vent, le vent du nord hurlait. Elle avait au dos un gros sac. Un sac plein à demi de charbon, l'autre moitié, c'était des dons destinés aux enfants sages."

La Befana signifie à la fois la fête de l'Epiphanie et sa personnification. D'après une très ancienne tradition paysanne, cette antique ganache crochue-dentue aurait été une sorcière encapuchonnée de noir avec des godillots percés; un grand sac ou une hotte sur le dos, volant de toit en toit à califourchon sur son balai pour porter des cadeaux la nuit du 5 janvier.

 C'est la Tante Arie d'Italie. Devenue bienveillante avec l'âge, l'ogresse d'hiver d'hier dépose en passant par la cheminée; des jouets en récompense, du charbon en punition, dans les bas, les souliers et chaussons des petits.
On raconte que la Befana aurait jadis vécu la même épreuve que Babouchka.
Alors qu'elle ramassait du bois dans la forêt, les Rois Mages seraient venus lui demander de les conduire à Bethléem adorer l'enfant Jésus. Mais, de peur qu'on ne la vole, elle aurait préféré d'abord terminer son travail et remiser ses fagots avant de les suivre. A son retour, il n'y avait plus personne, ni de traces laissées par les chameaux. Rongée par les remords, la Befana accomplirait chaque année cette corvée d'Epiphanie afin d'expier sa faute.
Les bruyants charivaris destinés anciennement à l'effrayer et à se protéger de ses maléfices ont été remplacés en Toscane par des quêtes d'enfants nommés Bejanata. L'un d'eux se déguise en vieille Fée, tandis qu'une ronde de joyeux camarades chante par les rues en réclamant des oboles.

La Befana est une vieille femme, aussi laide que généreuse, voyageant dans les airs, à califourchon sur un balai. Dans son sac, elle transporte plein de jouets qu'elle dépose dans les chaussettes que les enfants auront accrochées à la cheminée par laquelle descendra la fée... Cette dernière passe la nuit de l'Epiphanie, le 6 janvier, un mois après Saint-Nicolas ...


Mélusine
Mélusine signifie «merveille» ou «brouillard de la mer». Les mythologues y voient la Mater Lucina romaine qui présidant aux naissances ou, plus antérieure, une divinité celte aux formes serpentes.

Mélusine est une fée. De cela, personne ne doute. Mais elle est d'une catégorie assez rare, n'étant ni fée marraine, ni fée de la nature. C'est surtout la fée tutélaire de la famille de Lusignant, à laquelle elle est attachée depuis la nuit des temps, dans un rapport de fascination admirative et d'effroi. Admirable et effroyable, ravissante et monstrueuse, puissante et maudite ... Mélusine n'est pas une fée pour rien. Elle est condamnée à se transformer, tous les samedis, en femme-serpent. Jusqu'au nombril, elle a le même aspect ravissant. Au-dessous, des anneaux se déroulent, formant une queue longue et musclée aux écailles bleutées, brillantes. Ce jour-là, Mélusine ne se sent à l'aise que dans un bassin, soigneusement dissimulée aux regards.

Il fallait un homme pour donner une âme à la fée Mélusine. Ce sera Raimondin de Lusignan, jeune seigneur du Poitou qu'elle rencontre à une fontaine. Mélusine lui promet l'amour, le pouvoir, la richesse, des châteaux à foison. Il aura tout cela, sans réserve. Une seule contrepartie : il s'engage à ne jamais chercher à voir sa femme le samedi. Mariés, Mélusine et Raimondin connaîtront de longues années de bonheur parfait. Elle est d'une beauté qui ne se fane pas, fait bâtir des châteaux merveilleux qui semblent surgir de terre, et elle les paie avec un or issu d'une cassette inépuisable.
Mélusine met au monde 10 enfants, tous des garçons, dont l'ascendance féerique se marque par de petits défauts physiques. Pourtant, Raimondin se pose des questions sur sa femme. Que fait-elle donc, tous les samedis, enfermée dans cette pièce du château qu'elle a fait équiper d'un immense bassin ? N'y tenant plus, il perce un trou dans la porte et y glisse un oeil. Horreur ! Il aperçoit sa chère Mélusine au bain, dotée d'une queue de serpent qui bat l'eau envoyant des éclaboussures jusqu'au plafond.
C'en est fini. Raimondin a trahi sa parole. Alors Mélusine alerter par les cris de Raimondin, pousse un cri rauque, son corps se transforme et c'est une créature aux ailes de cauchemar qui s'envole par la fenêtre, en un souffle d'ouragan. Elle fait 3 fois le tour du château et disparaît à jamais. La fée Mélusine n'a pas tout à fait disparu. Elle tourne encore autour de son château en hululant sinistrement. L'évènement se passe lorsque les biens des Lusignan vont changer de main, ou annonce que les jours de l'héritier sont comptés.




Dame Abundia ou Fée Abonde
Citée par Guillaume d'Auvergne, évêque de Paris, cette noble fée apporte l'abondance dans les maisons qu'elle fréquente et dispense le bonheur à ses favoris. Elle visite la nuit la chaumière des plus démunis et au matin ils trouvent leur huche bien garnie. Elle confère une bonne santé, procure de beaux enfants aux parents, donne aux jardins des fleurs odorantes et aux vergers de superbes fruits. Elle est aussi la grande tisseuse et fileuse de tout ce qui germe au sein de la terre.
"Dame Abundia visite, accompagnée de ses dames ou matrones, nommées, quelquefois, Maires, les maisons et les celliers… On leur prépare des festins, et, si elles trouvent la table bien servie, elles mangent et boivent sans rien retrancher des mets qu'elles touchent. Quelquefois, dans l'épaisseur des forêts, elles apparaissent sous la forme de jeunes filles vêtues de blanc et bien parées. Elles ne dédaignent pas de visiter les étables, portant à la main des cierges de cire dont on aperçoit, le lendemain, les gouttes sur le bétail qu'elles ont soigné."
        
La fée Carabosse
On peut rapprocher Carabosse d'Éris qui, dans la mythologie grecque, est la déesse de la Discorde. Cette dernière non plus n'a pas été invitée aux noces de Thétis et Pélée. Pour s'en venger, elle jette une pomme d'or portant l'inscription « pour la plus belle ». Ce geste est à l'origine du déclenchement de la Guerre de Troie et du décès d'Achille, survenant malgré la précaution de sa mère pour le rendre invincible en le plongeant dans les eaux du Styx.
A l'opposé des belles et bonnes fées, marraines des princesses de contes merveilleux, la fée Carabosse est très vieille, très laide et très méchante. Son nom vient du fait qu'elle est bossue « à trente-six carats », c'est-à-dire vraiment très bossue. Si son apparition dans les contes est rare, elle n'en demeure pas moins célèbre pour être à l'origine de la malédiction qui frappe la princesse héroïne de la Belle au bois dormant.
La version la plus ancienne du conte qui nous soit parvenue est celle de : Le Soleil, la lune et Thalie, extraite du Pentamerone de Giambattista Basile. Il n'y est cependant pas question d'une méchante marraine. Si le destin de Thalie est bien prophétisé, il ne résulte pas d'un sort qui lui est jeté.
Dans les deux versions postérieures du conte, qui restent les plus connues, la fée Carabosse n'apparaît pas en tant que telle :
- Dans sa version, Charles Perrault ajoute le personnage de la méchante marraine, mais elle est présentée comme une « vieille fée », sans
précision sur son nom.
- Dans l'adaptation des frères Grimm, elle devient la « treizième fée », par opposition aux onze premières qui offrent à la princesse des dons merveilleux et à la douzième qui intervient en dernier ressors pour atténuer la malédiction
Le personnage de la méchante marraine est antérieur aux écrits de Charles Perrault. Sa première apparition remonte au XIIIe siècle, dans la chanson de geste «  Les Prouesses et faits du noble Huon de Bordeaux » : Obéron, le roi des Elfes, explique à Huon qu'il doit son aspect à une fée en colère qui lui jeta un sort le jour de son baptême.
- Madame d'Aulnoy reprend ce personnage dans ses contes La Biche au Bois et La Princesse Printanière. Bien que son rôle soit relativement différent de celui qu'elle tiendra dans La Belle au Bois Dormant, la méchante marraine reçoit dans La Princesse Printanière le nom de Carabosse. On a coutume depuis d'attacher ce nom à la Belle au Bois Dormant. La fée Carabosse devient d'ailleurs un personnage à part entière dans le ballet La Belle au bois dormant de Tchaïkovski.
- Dans la version de Disney, elle prend les traits du personnage de Maléfique.

Intervention de la fée Carabosse dans la version de Perrault :
« On vit entrer une vieille Fée qu'on n'avait point priée parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était sortie d'une Tour et qu'on la croyait morte, ou enchantée. Le Roi lui fit donner un couvert, mais il n'y eut pas moyen de lui donner un étui d'or massif, comme aux autres, parce que l'on n'en avait fait faire que sept pour les sept Fées. La vieille crut qu'on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents. (...) Le rang de la vieille Fée étant venu, elle dit en branlant la tête, encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main d'un fuseau, et qu'elle en mourrait. »




La Vouivre
Son nom viendrait du latin vipera signifiant vipère. L'origine de son appellation pourrait aussi provenir de vivere (vivre en latin).
Dans vouivre, certains retrouvent une racine indo-européenne Gwer, Gwor, indiquant une idée de "chaleur" et dont dérivent des mots allemands, anglais et français qui ont perdu le son guttural initial ou qui l'ont adouci en un f comme warm et four; en d'autres termes. La "Vouivre" ou la Guivre aurait été primitivement un "serpent de feu" et non pas un serpent d'eau. Cette étymologie expliquerait pourquoi les vouivres ont des ailes et portent au front une escarboucle étincelante, c'est-à-dire un charbon ardent, en latin "carbonculus"; quand elles plongent dans les fontaines ou dans les puits, elles laissent leur escarboucle sur la margelle. Il y a là une association de la "vouivre" avec une idée de lumière et de chaleur sortie des entrailles de la terre; aussi, traditionnellement la vouivre garde-t-elle les trésors souterrains. Souvent d'ailleurs la Vouivre crache le feu.

La vouivre est une fée qui change à volonté d'apparence, tantôt femme, tantôt reptible. Elle vit dans les rivières de Franche-Comté. Sous la forme d'une femme, la vouivre est belle, brune et musclée. Sous son aspect serpentin, elle est bien sûr écailleuse et porte au front un diamant qui lui sert d'oeil. Elle est aussi pourvue d'ailes membraneuses qui lui permettent le survol nocturne de son territoire. Redoutable comme un dragon, la vouivre n'hésite pas à voler du bétail, un veau par-ci, un mouton par-là. Elle les dévore tout crus près de la rivière dont elle a fait son refuge. La vouivre a l'habitude d'hiberner, lovée, sur elle-même. Aux beaux jours, elle se réveille, retire sa peau de serpent et se baigne toute nue. Malheur à celui qui tente de lui voler son oeil, le diamant qu'elle a laissé sur la berge : il se fait immanquablement dévorer.

La vouivre et la wivern ne paraissent pas être exactement la même créature, car les définitions n'insistent jamais sur les mêmes choses selon la langue. Les définitions suivantes ont été créées en comparant de nombreux dictionnaires français et anglais. On constatera qu'elles sont différentes l'une de l'autre :
- Français : Dans les contes populaires et en héraldique, serpent fantastique préposé à la garde d'un trésor possédant un corps de serpent, des ailes de chauve-souris et des pattes de pourceau.
En littérature : Marcel Aymé voit la vouivre comme une jeune femme nue vivant au milieu des marais et protégeant un Diamant. Cédric Vincent, quant à lui fait un mixe des deux versions. Il imagine la vouivre comme un esprit lié à l'eau, qui se présente aux humains sous l'aspect d'une femme lorsqu'elle est heureuse, d'un dragon à deux pattes lorsqu'elle est en colère.
- Anglais : Dans les contes populaires et en héraldique, serpent fantastique possédant deux pattes, deux ailes et une queue hérissée de pointes.
                                                                     

Du côté des Enchanteresses

Attention, contrairement à ce qu'une dénomination abusive pourrait faire croire, Viviane et Morgane, célèbres figures  de la légende arthurienne, ne sont pas des Fées, mais des magiciennes ou des enchanteresses.




Viviane
Viviane ou Dame du Lac est le nom d'un personnage des légendes arthuriennes. Ce personnage joue plusieurs rôles; elle donne l'épée Excalibur au roi Arthur, guide le roi mourant vers Avalon après la bataille de Camlann, enchante Merlin ou redresse Lancelot du Lac après la mort de son père.
La belle jeune femme qui
séduit le mage Merlin n'est pas une fée bien qu'elle soit souvent présentée comme telle. Si Viviane a pu faire penser aux fées, c'est autant parce qu'elle vit au plus profond d'une forêt magique qu'en raison de sa grâce, de sa beauté, de son intelligence et de ses dons supranormaux. Viviane est une enchanteresse. Dans les deux sens du terme. Elle enchante et elle ensorcelle ceux qui la croisent, tant elle dégage de charme, avec ses cheveux doux et blonds, son visage parfait, sa silhouette menue mais altière. Et puis elle connaît les enchantements, tels que les lui a enseignés son maître Merlin. Viviane, que l'on nomme parfois Vivienne, Niviennen, Nymenche ou Nimue, passe sa vie, sous la houlette du maître qui est amoureux d'elle autant qu'elle l'est de lui, à s'instruire des arts de la magie et de l'enchantement. Elle est si proche de la nature qu'elle ne peut s'en éloigner trop longtemps. A Camelot, ses apparitions à la cour du roi Arthur sont épisodiques, un peu évanescentes, distantes bien qu'aimables. Sa vraie vie est au coeur de Brocéliande où, grâce à la science acquise par Merlin, elle édifie un château d'air ou de cristal. Là, elle le retient prisonnier, mais comme c'est par amour, il ne cherche pas à se dégager.
Pour autant, et bien que Viviane soit humaine, on ignore à peu près tout de sa généalogie, bien que certains en fasse la fille d'un certain Dyonas. Comme les nymphes des fontaines, elle ne dédaigne pas d'habiter sous l'eau et on la connaît également sous le nom de la Dame du Lac.
C'est en ce lac qu'elle élève le jeune Lancelot pour qu'il devienne un chevalier au coeur pur et parfait, à la lisière, lui aussi, du monde surnaturel. A-t-elle essayé d'en faire un « chevalier Fé » ? Peut-être mais Lancelot est resté humain.
Elle-même, riche de ses dons, de son travail intellectuel, de son amour pour Merlin et d'une prédisposition naturelle, est parvenue très loin sur lechemin de la Féerie. Mais on ne devient pas fée si on ne l'est de naissance. Viviane ne l'est pas, mais certainement l'humaine qui s'est le plus rapprochée de la vie de fée.

Une autre variante fait de Viviane la responsable de la mort de Merlin. En effet, voulant préserver sa virginité des assauts répétés du vieil Enchanteur, Viviane lui demande de l'initier à la magie. Dans le seul but de la conquérir, Merlin accepte, tout en sachant (grâce à son don prophétique) qu'elle causera sa perte. Viviane l'enterre vivant dans une tombe grâce à un enchantement. (cf. Le Lancelot en prose ou le Merlin Huth, romans du XIIIe siècle par exemple).




Morgane
La soeur du roi Arthur pouvait-elle être une fée ? Bien sûr que non. Même si les Anglais la nomme Morgan La Fay, femme elle est, femme elle reste.

Morgane, tout comme Viviane, est une humaine qui, de par ses dispositions, sa science et sa beauté, est parvenue à parcourir bien des chemins du monde de Féerie. Sa généalogie est parfaitement identifiée : elle est fille de Gorloes, roi de Tintagel et d'Ygraine qui, lors d'un deuxième mariage, deviendra la mère du roi Arthur.
Autant Viviane est blonde et douce, autant Morgane est brune comme la nuit, sensuelle et implacable. Elève de Merlin, elle aussi est versée dans toutes les sciences, dans tous les arts… Elle maîtrise la magie, peut lire dans les étoiles, connaît les vertus des plantes et sait préparer tous les remèdes, tous les sortilèges. C'est une enchanteresse vengeresse qui jamais ne souffre que l'on trahisse sa parole, surtout en amour. Morgane crée pour les amants infidèles un piège fatal : dans la forêt de Brocéliande, elle ensorcelle un vallon d'où les amants qui ont trahi leur parole d'amour à l'égard de leur belle, en action ou même seulement en pensée, ne pourront jamais sortir.

Fière et solitaire, Morgane connaît tous les secrets.
 Morgane cherche à protéger la
Bretagne de l'influence grandissante du catholicisme, notamment de l'influence de la reine Guenièvre, de nature très pieuse. Elle voulait défendre auprès du roi Arthur les anciennes croyances, qui étaient à la base de ses pouvoirs magiques, ainsi que de ceux de Merlin, dit
l'Enchanteur.





Article ajouté le 2009-10-04 , consulté 46 fois

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